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Grains et ingrédientsPar Rédaction BarnX5 min de lecture

Une baisse de deux points d’humidité coûte plus de 2 % du poids

La perte d’eau suit le bilan de matière sèche; l’inventaire peut donc diminuer même sans déversement de grain.

Échantillons de maïs, humidimètre à grain et matériel de pesée disposés sur un poste de contrôle de la qualité en meunerie.

Courtoisie de BarnX

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Deux points d’humidité ne représentent pas 2 % du lot

Une meunerie reçoit du maïs à 15 % d’humidité, puis le mesure plus tard à 13 %. Il est tentant d’inscrire une perte de poids de 2 % et de passer au dossier suivant. Ce raccourci est faux. La teneur en eau est exprimée en pourcentage du poids total du grain, et ce total diminue lorsque l’eau s’en va. Les deux mesures d’humidité reposent donc sur des dénominateurs différents.

Le bon calcul conserve la matière sèche. North Dakota State University présente la formule suivante : Perte d’eau (%) = (humidité initiale − humidité finale) ÷ (100 − humidité finale) × 100.

Pour une humidité finale de 13 %, chaque point retiré représente environ 1,149 % du poids initial. Une baisse de deux points entraîne donc une perte d’eau d’environ 2,30 % avant toute perte physique de manutention.

Le dénominateur change le résultat

Prenons 100 tonnes de maïs à 15 % d’humidité. Le lot contient 15 tonnes d’eau et 85 tonnes de matière sèche. Si seule l’eau est retirée, les 85 tonnes de matière sèche demeurent dans le lot.

À 13 % d’humidité, la matière sèche représente 87 % du poids final. Le poids final est donc 85 tonnes ÷ 0,87 = 97,70 tonnes. La perte d’eau théorique est de 100,00 − 97,70 = 2,30 tonnes, soit 2,30 % du poids initial.

Infographie de bilan de masse montrant 100 tonnes de maïs à 15 % d’humidité séchées à 97,70 tonnes à 13 % d’humidité, avec 2,30 tonnes de perte d’eau.

Courtoisie de BarnX

Exemple calculé en supposant que seule l’eau est retirée. Formule vérifiée selon les guides de NDSU et de Purdue Extension.

Les 0,30 tonne supplémentaires n’ont rien de mystérieux. Après le séchage, le 13 % est calculé sur un poids final plus faible, et non sur les 100 tonnes de départ.

La relation est générale, mais l’exemple ne constitue pas une cible universelle. L’humidité sécuritaire ou contractuelle dépend du grain, de la durée d’entreposage, de la température, du système de manutention et des spécifications d’achat. Le calcul estime la perte d’eau entre deux mesures; il ne détermine pas l’humidité finale à viser.

Toute tonne manquante n’est pas de l’humidité

La perte d’eau n’est qu’une composante du retrait d’inventaire. Purdue University Extension la distingue des pertes de manutention attribuables notamment aux grains brisés, au retrait des matières étrangères, aux composés volatils et à la respiration. Les déversements, le dépoussiérage, les erreurs de balance, les biais d’échantillonnage, la détérioration et les transferts non consignés peuvent créer d’autres écarts. Un calcul théorique ne doit pas servir à masquer ces pertes.

L’erreur inverse est tout aussi coûteuse : considérer une perte d’eau mathématiquement prévisible comme une disparition inexpliquée. Lorsqu’un important inventaire de grain sèche pendant l’aération ou l’entreposage, l’inventaire comptable peut dépasser l’inventaire physique même si la maîtrise des matières est adéquate. Un rapprochement corrigé pour l’humidité donne aux opérations et aux finances un point de départ défendable.

La qualité de la mesure compte, car une petite erreur d’humidité peut représenter plusieurs tonnes sur un grand volume. NDSU indique que du maïs mesuré immédiatement après un séchage à haute température peut, dans certaines conditions, afficher environ deux points de moins que son humidité réelle. Le guide recommande de conserver l’échantillon dans un contenant fermé pendant environ 12 heures, puis de refaire la mesure; il faut aussi tenir compte de la température du grain. Cet avertissement vise le maïs chaud récemment séché, mais la leçon est plus large : comparez des échantillons représentatifs mesurés selon une méthode uniforme et vérifiée.

Intégrer l’humidité au rapprochement d’inventaire

Pour chaque volume important de grain, consignez le poids et l’humidité représentative à la réception. Répétez la mesure au transfert, à la transformation ou à la fin de la période lorsque c’est pratique. Calculez séparément la perte d’eau théorique, les pertes physiques documentées et l’écart inexpliqué.

Un rapprochement simple devrait montrer :

  1. Le poids humide initial et son humidité.
  2. Les tonnes initiales de matière sèche.
  3. L’humidité finale et le poids attendu corrigé.
  4. Les retraits, criblures et transferts consignés.
  5. Les corrections liées aux balances ou aux mesures.
  6. L’écart résiduel qui exige une enquête.

Ne mélangez pas un facteur commercial de retrait théorique avec la perte d’eau pure sans vérifier ce qu’il comprend. Purdue précise que les facteurs appliqués par les acheteurs peuvent inclure une allocation pour les pertes de manutention en plus de l’eau retirée. Un facteur adapté au règlement commercial peut donc être inadéquat pour diagnostiquer l’inventaire d’une meunerie.

Sources

  1. Get Accurate Moisture Content Measurements North Dakota State University Extension, 2 novembre 2009
  2. Calculating Grain Weight Shrinkage in Corn Due to Mechanical Drying Purdue University Cooperative Extension Service, 1 janvier 2009
  3. 2009 Corn Quality Issues Iowa State University Extension and Outreach, 15 octobre 2009

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